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1.
« D’où viens-tu? » me demande Maksimilian étendu près de moi, me faisant dos. Sa voix est douce, quelque peu rêveuse, angélique.
Nous avions passé une nuit oisive, nous reposant de notre dernier voyage et de notre dernière installation. Étendus sous les couvertures, nous n’avons pas parlé ou presque. Je me demande alors pourquoi il lui vient cette idée. Je quitte mon livre pour tourner mon regard vers lui, contemple la courbe de son épaule, le reflet d’or pâle de sa chevelure.
Sent-il mon regard sur lui? Ou me connaît-il à un point tel qu’il n’a pas besoin d’utiliser de pouvoirs pour lire mes pensées? Il ajoute : « Tu sais tout sur moi. Tu sais d’où je viens, qui je suis. »
« Tu sais qui je suis. » réponds-je. « Mis à part Solina, tu es celui qui me connaît le mieux. »
Il se retourne vers moi pour me regarder. J’aurais préféré qu’il reste dos à moi car ce que je vois sur son visage me déplaît. Il a l’air fragile, vulnérable. Dans son visage, ses yeux clairs sont si grands, présage d’orage et son sourire disparu. J’avance la main et caresse tendrement sa joue. Il prend ma main comme un enfant perdu. Quels circonstances nous ont amenés à nous retrouver? Lui qui, si le destin nous avait laissé vivre nos vies, n’aurait jamais croisé mon regard? Au fond, il avait raison, près de trois ssiècles nous séparaient, ça faisait beaucoup à raconter.
Je me redresse donc, m’installant confortablement et il appuie sa tête sur mes genoux, fermant les yeux. Il enlace mes jambes et je caresse doucement ces cheveux.
« Je suis né le jour de Beltane 1593. Habituellement, pour les Scotts, Beltane est une grande et belle fête, mais chez nous, ce jour-là, ce fut jour de deuil. D’abord, tu dois savoir que mon père était un Fianna, un loup-garou en plus d’être le Laird de notre clan. Sawny Mac Iain Duibh ou, officiellement, Alexander MacAlister of Loup. Il était l’Alpha de sa meute, les Géants de Morrighane. Mes frères et moi avons donc vécus, grandis au sein de la Septe des lieux. Je te dis ça parce qu’à ma naissance, ma mère est morte en couche. Elle est morte malgré l’intervention de la sage femme qui était Theurge et à laquelle Gaïa et Luna avaient donné des dons de guérisons. Ne voulant se défaire de ses enfants, mon père, déjà bien occupé, à pris sur lui seul de nous élever, mes frères et moi. Nous ne le voyions pas souvent, mais lorsqu’il était au château, il s’occupait de nous, prenait du temps pour nous apprendre à monter ou lire avec nous dans les précieux livres de sa bibliothèque.
« Il a envoyé mes frères à l’école et moi au couvent. J’étais sa seule fille et ma dot était importante. Il tenait à ce que je soies une femme capable de soutenir son mari et son clan. Il m’avait promise au fils McKenzie de Leoch. Celui-ci allait devenir Laird de son clan et nous aurions du travail à faire. Il espérait simplement que le jeune McKenzie n’ait pas sa Première Transformation, car il ne voulait pas que je souffre de l’absence d’un mari garou. Un mari Laird, c’était déjà bien assez. »
Je prend quelques secondes de silence pour me rapppeler Sawny MacAlister of Loup. Sachant que Maksimilian adore les détails, j’ajoute.
« Mon père était le plus beau du monde. Grand comme un vicking, il dépassait tous les autres hommes d’une bonne tête. Ses cheveux étaient roux comme les miens et frisottaient alors ils s’échappaient dans tous les sens de sa coiffure. Son visage ouvert, aux larges et hautes pommettes était rassurant et jovial mais pouvait devenir dur et brutal lorsque la situation l’exigeait. Il était aimé de ses Clansmen et de la scepte. »
Maksimilian pousse un soupire. Je crois qu’il regrette de ne pas avoir eu une relation de qualité avec son père. Plus j’apprends à le connaître, plus je remarque qu’il y a un enfant prostré et esseulé au fond de son cœur.
« Je pense aussi qu’au fond de lui, même s’il nous préparaient tous en vue d’une transformation, mon père souhaitait que je ne le sois pas, car cela compliquerait les chose pour mon futur époux et moi. L’un de nous devait rester à la maison pour tenir le clan pendant que l’autre faisait le tour du territoir et/ou vaquait à ses occupations garous. Il s’agissait de deux tâches ardues, car bien que souvent, les Totems de meute donnaient la possibilité à leur protégés de communiquer par télépathie entre eux, il n’en est pas de même pour les Totems de Scepte et les clans Scotts. Au XVIe siècle, la politique et le marcher n’était pas une affaire de quelques coups de téléphones, de fax et de deux ou trois emails. Les négociations se faisaient de vive voix et les collectes d’impôts et autres transactions devaient être négociées scrupuleusement. Heureusement, mon père avait un bon nottaire qui travaillait pour lui. Gavin Gillis, un tout petit homme des Lowlands, éduqué à Edimbourg.
« C’est lui, Gavin, qui m’avait fait entrer au couvent des Sœurs Franciscaines du Bon Secour. Il était venu me reconduire lui-même, toute petite et effrayée que j’étais à l’âge de six ans. Les sœurs du Bon Secour étaient versées en musique et Gavin avait réussit a`convaincre mon père que même si Edimbourg était loin, c’était l’endroit approprié pour mon éducation. J’ai appris le latin, le grecque, un peu d’italien, le français, les mathématiques, le chant et le clavecin et l’orgue. On m’a aussi appris ce qui, à l’époque, ferait de moi une bonne épouse, c’est-à-dire, la broderie, la couture, le rapiéçage, la tenue d’un foyer de Laird, l’organisation de banquets, et autres choses pour lesquelles je n’avais pas vraiment d’intérêt. J’étais une bonne gestionnaire, même avant d’être étreinte, la direction d’hommes et l’administration était dans mon sang.
« L’été, à mon retour à la maison, j’apprenais le maniement des armes avec mes frères. Ça m’intéressait beaucoup plus que la couture ou la boulangerie. Je n’ai jamais été capable de faire ne serait-ce qu’un simple porridge. Heureusement que nous n’avons pas à cuisiner pour nous nourrir. »
« Je cuisinerais pour toi. » souffle Maksimilian.
Je l’avais presque oublié. Il trace des symboles abstraits sur ma cuisse du bout de l’index. Je glisse à nouveau ma main dans ses cheveux, dans son cou et sur son épaule. Il lève la main pour attraper la mienne et y déposer les lèvres. Je referme les yeux et je reprends.
« Je n’étais pas une couventine exemplaire. Je me sauvais souvent par les fenêtre pour aller courir sur les toits et prendre l’air. Un peu plus tard, une fois que j’eus maîtriser les armes suffisemment pour me défendre, je voulais m’exercer même pendant l’année aussi. Je me suis donc mise à escalader les murs d’enceinte pour m’évader dans les rues et trouver des amis. Une fois mes preuves faites, nous nous exercions et après quelques heures de fugue, si j’oubliais de rentrer avant d’être surprise, je me faisais ramener au couvent par des soldats, les joues rosies et le regard flamboyant. Les punitions étaient bien vites passées car mon esprit était occupé à réviser les techniques que j’avais apprises. Toujours incorruptible, quelques jours plus tard, je recommençais pour découvrir mes amis qui m’attendaient non loin. »
« Les sœurs déploraient mon ninsubordination jusqu’au jour d’une grande révolte à Edimbourg. Des vilains protestants avaient décidé d’attaquer les couvents et d’y mettre le feu. Je n’étais pas pour me laisser brûler en priant le Seigneur de m’épargner ou de m’envoyer directement au Paradis. J’ai donc rassemblés celles qui, comme moi, voyaient le service de Dieu comme un acte actif et non passif et nous nous sommes armées de tout ce qui pouvait faire office d’arme. Mes talents de tacticiennes n’étaient pas encore au point, mais le résultat fut positif, le couvent n’a pas brûlé et auccune des religieuses ou des couventines n’a été tuées ou violées. Visiblement, nos révoltés ne ss’attendaient pas à trouver une quelconque résistence dirigée par une furie de douze ans aux cheveux de feu et à la tunique de couventine déchirée pour ne pas entraver ses mouvements.
« On m’a quand même renvoyée du couvent. La mère supérieure jugeait qu’il n’y avait rien à faire avec moi et qu’il vallait mieux que je commence à pratiquer mes talents de maîtresse de maison chez moi avant mon mariage. Je pense aussi qu’elle a sû que quelques unes des filles qui étudiaient avec moi m’avaient demander que je les entraîne à combattre. Nos séences d’entraînement dans les catacombes n’avaient pas été surprises, mais la Mère Supérieure n’était sûrement pas niaise. »
En juillet 1605, je suis rentrée à la maison. Mon promi, Malcolm McKenzie vint me faire une demande officielle en mariage et m’offrit un clavecin tout neuf en guise de cadeau de fiançailles. Il n’était pas trop mal. Assez grand, avec une chevelure noire aile de corbeau et des yeux bleus. Les couleurs de son kilt flamboyaient et un petit sourire gêné trahissait un certain malaise envers les femmes. Je n’avais pas conscience, à cet époque, que ma posture droite, mon port de ttête haut et fier et mon regard franc me donnaient une prestence imposante et hors du commun pour une femme. Malcolm était un expert équestre. Il possédait un magnifique élevage de chevaux. Je croyais que nous pourrions sûrement nous entendre. Il buvait moins que la plupart des hommes, parlait moins et souriait raisonnablement. Je ne me concidérais pas trop mal tombée. Notre mariage fu conclus pour mai 1607, juste après mes quatorze ans. »
Je sens les lèvres de Maks sur ma peau. Il est aussi langoureux et suave qu’un chat ce soir. Pourquoi est-il aussi émotif? Je me laisse distraire par ses caresses et garde le silence pour un temps, m’ouvrant à lui.
Il s’arrête et lève les yeux vers moi.
« Ensuite? As-tu épousé Malcolm McKenzie? »
Je l’atirre à moi pour l’embrasser et nous nous installons à nouveau confortablement. J’aimerais qu’il me caresse, qu’il me fasse l’amour. J’aime quand nous faisons l’amour et qu’il est dans son mode chat. Cependant, il préfère avoir la suite de l’histoire.
« Oui, j’ai épousé Malcolm McKenzie. Et, une fois à Leoch, c’est là que je suis véritablement tombé amoureuse pour la première fois. Il avait les yeux verts comme les chats et une chevelure blonde semblable à la tienne. C’était un musicien, il était cornemuseur et savait raconter et chanter admirablement. C’était Cameron Fraser, le cousin de Malcolm et je l’ai laissé me prendre avant même son cousin. Je n’avais pas réfléchi aux conséquences, j’étais séduite, charmée.
« Je me demandais, sans formuler mon inquiétude, pourquoi Malcolm ne me prenait jamais. Il était impuissant, mais avait réussit à gardder le secret. Il avait passé une entente avec Cameron sans que je le sache pour que lui m’engrosse. Une fois que je lui aurais donné un fils, Cameron partirait pour l’Amérique. Cependant, il n’y eu pas vraiment le temps pour ça. À l’automne, une guerre a éclatée entre le clan McKenzie et le clan McDonnald et Malcolm et Cameron ont été tués. À quatorze ans et demi, j’était veuve et toujours pa enceinte.
« Mon père m’a ramené chez lui et Leoch retourna aux McKenzie car je ne ortais aucun héritier.
« -- Tu as gagné le mérite de te choisir toi-même un mari, Morag, dit un jour mon père. Fais attention de bien choisir, cette fois.
« C’est là que tout a commencé. Je voulais un mari plus fort que moi. Je n’avais pas envi de perdre une deuxième famille, un deuxième amoureux. Mon cœur était plein des yeux verts de cameron et des lèvres de Malcolm sur ma peau. Il savait me faire plaisir, malgré qu’il n’arrrivait pas à tenir une érection suffisante pour me faire des enfants. J’avais été choyée, j’avais eu deux hommes pour moi, je voulais donc que le prochain soit à la hauteur des deux cousins, mais dans un seul époux.
« Je suis retournée à Edimbourg pour enseigner la musique, habitant chez une tante, cousine de ma mère. C’est là que j’ai rencontré William Lennox. Il était blond, mince, élégant et ses yeux bleus avaient quelque chose de ceux de Malcolm. Il m’emmenait voir des récitals, me sortait à l’opéra et, surtout, partageait ma passion pour les duels. Il avait même réussit à me supplanter à quelques reprises, juste assez pour me faire comprendre qu’il serait là pour moi.
« Je ne le voyais que de soir, mais, confiante qu’Edimbourg appartenait aux loups-garous et aux mages, jamais je n’ai soupçonné sa véritable nature. J’étais après tomber amoureuse pour la seconde fois. Mon père consenti au mariage et, le 4 septembre de l’an de grâce 1608, je contemplai, sans le savoir, mon dernier coucher de soleil.
« William Lennox était un bon amant. Il savait me mener au plaisir sans efforts et cela l’amusait de me voir réagir à ses attentions. Le matin de la nuit de noce, je commençai à me sentir faiblir. Je su, après cette mystérieuse maladie qu’il avait fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je ne compris pas, au départ, son choix. J’étais révoltée car je ne pourrais pas avoir une douzaine d’enfants et, bien qu’il m’assura que faire l’amour me serait encore possible, les joies de sentir un être vivant grandir en moi, d’allaiter un petit être vulnérable et de transmettre ma connaissance et mes yeux turquoise me serait refusé à jamais. Depuis mes premières relations avec Cameron, je ne rêvait que de voir mes seins se gonfler de lait et mon ventre s’arrondir. Je trouvais les femmes enceintes tellement jolies. »
Je suis triste. Maksimilian caresse mes jambes et mes hanches et embrasse mon ventre à jamais plat. Je me glisse dans ses bras et nous ne parlons plus. Je m’ouvre à lui et je sens sa bouche se refermer sur mon sein droit alors que ses longs doigts glissent en moi, à la recherche de cet endroit précis qu’il sait si bien exploiter. Bientôt, je me retrouve pleine de Maks, pleine de son odeur, de sa douceur et j’oublie mes pensées sombres. Il est félin pour moi et je m’accroche à lui comme une noyée à une bouée de sauvetage. _________________ Vampire Ventrue
Allégeance: Estaphettes du Diable
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